… Si l'on veut remonter à l'origine,
il faut repartir de la réponse que je fis, un mois plus tôt, à une offre
d'emploi. Ce n'est pas que le poste dont il était question représentait le
boulot de mes rêves, mais après trois ans de chômage, je voyais le bout de mes
économies arriver et avec elles la grande incertitude des chômeurs de longue
durée contraints à vivre avec les minimas sociaux.
Le poste d'employé de bureau,
chargé des petites tâches quotidiennes, n'offrait pas de perspective visible,
et ce n'est pas le salaire, à peine au-dessus du SMIC qui m'attirait. C'était
une porte de sortie provisoire qui me permettrait de faire durer ma situation
qui, bien que représentant une sérieuse chute de pouvoir d'achat, me laisserait
la tête hors de l'eau en attendant de trouver mieux. Le plus compliqué, c'était
sa localisation. L'entreprise, une PME familiale, était située dans une
toute petite ville du centre ouest de la
France, là où ni le train ni l'autoroute ne facilitaient les déplacements.
Je fus presque étonné d'être
convoqué à un entretien. Je fus reçu par Madame Raveneau, la propriétaire et
directrice, qui me parut une forte femme assez autoritaire comme j'ai pu le
constater par la suite. Elle me fit comprendre qu'elle aimait qu'on filât doux
sous sa ferme tutelle. Il faut croire que je lui fis bonne impression ou
qu'elle n'avait pas eu le choix parmi les candidats, une semaine plus tard, par
téléphone, elle m'informa que je commençais le lundi suivant et que j'étais attendu
à 8h30, heure du début de ma première journée de travail.
Sans me laisser le temps de
confirmer mon accord, elle m'informa de tous les détails de mon installation.
Considérant qu'il n'était pas sérieux de me loger à l'hôtel, mes moyens ne me
le permettant pas et le temps de déplacement pour rejoindre la grande ville où
se situait l'établissement hôtelier le plus proches lui semblant inconsidéré,
elle m'expliqua qu'elle m'avait réservé une chambre chez l'habitant, ou plutôt
chez l'habitante. Celle-ci, Madame Tolbois, était une veuve de sa connaissance,
âgée d'une cinquantaine d'année qui, bien que n'en ayant financièrement pas
besoin, voulait bien me rendre service en m'offrant le gite et le couvert dans
sa grande maison bourgeoise en plein centre-ville, à quinze minutes à pied de
mon travail, contre une somme que je trouvais effectivement modique et correspondant,
dit-elle, à mes moyens financiers. J'étais prié de m'y présenter le dimanche
soir en fin d'après-midi et d'être au travail à l'heure dite lundi matin, muni
des papiers nécessaires à la constitution de mon dossier.
J'eus un bref agacement envers
cette personne qui prétendait régenter aussi fortement ma vie sans me demander
mon avis, mais finalement, je trouvais plus facile de ne pas avoir à faire les
efforts nécessaires pour régler mon installation dans cette bourgade totalement
inconnue et un peu perdue au milieu de nulle part. Je liquidais ce qui restait
de ma vie dans la métropole où j'avais passé les cinquante premières années de
ma vie. Sans rien laisser derrière moi : peu d'amis avec qui j'étais
persuadé de perdre rapidement contact, pas de logement, une famille que je ne
voyais que très rarement. C'est ainsi que je me présentais vers 18h le dimanche
suivant devant la porte de la maison de Madame Tolbois, une bâtisse imposante
construite, sans doute, au milieu du XXème siècle entourée d'un jardin qui
n'avait rien de ridicule.
Madame Tolbois vint m'ouvrir. Le
contraste était saisissant avec la petite bonne femme que je m'étais imaginé.
Elle était grande, sans doute un peu plus que moi et bien charpentée. Bien
qu'elle fît sa cinquantaine, elle donnait l'impression d'une santé à toute
épreuve et d'une aisance physique peu commune à cet âge. J'appris rapidement
par l'obligeance de mes collègues qu'il s'agissait d'une espèce de gloire
locale. En son temps, elle avait été athlète de haut niveau, pratiquant le volley-ball à un niveau international. Elle en avait gardé les habitudes
d'entretien de sa condition physique comme je pus, malheureusement pour moi, le
constater moins d'une semaine plus tard.
Elle prit en main mon installation.
Je fus conduit à ma chambre située au premier étage. Elle m'indiqua là où mes
vêtements devaient être rangés à l'exception de mes affaires de toilette qui
trouveraient leur place dans la salle de bain qui m'était réservée. Ses idées semblaient
bien arrêtées sans qu'il y eût place à la discussion. D'ailleurs, il n'y en eu
pas.
"Daniel, car c'est bien Daniel
votre prénom ?"
"Euh, oui Madame"
"Je vous appellerais par votre
prénom. Daniel, je vous attends dans dix minutes dans le séjour afin que je
vous explique les règles de la maison."
Elle me laissa là, au milieu de ma
chambre, un peu étourdi par le tourbillon qu'avaient représenté les premières
minutes chez ma logeuse.
Un petit quart d'heure plus tard,
je me présentais dans le séjour. Madame Tolbois m'y attendait. Elle me fit
asseoir dans un fauteuil tandis qu'elle prenait place sur le canapé.
"Daniel, je vous ai ouvert ma
maison pour rendre service à Marie-Thérèse, votre patronne. J'entends donc que
vous observiez quelques règles simples comme la ponctualité aux heures de
repas, une discrétion en particulier lorsque vous rentrez tard. Vous
maintiendrez votre chambre et votre salle de bain propres et correctement
rangées. Je tiens à ce qu'à l'extérieur votre comportement n'attire pas de
reproches sur ma maison. Ici, vous êtes dans une petite ville où tout le monde
se connait, tout se sait. Vous ne tarderez pas à être identifié comme garçon de
bureau de la société Raveneau et comme mon locataire."
"Evidemment," pensais-je,
"cela va me changer de la métropole d'où je venais"
"Fumez-vous ?"
Je la rassurai sur ce point.
"Il est strictement interdit
de fumer dans ma maison ainsi que d'y introduire de l'alcool. Vous aurez du vin
à table, en quantité raisonnable, cela suffira. Par ailleurs, je ne tiens pas à
ce que vous introduisiez des visiteurs dans ma maison, sauf cas exceptionnel
dont vous m'avertirez au préalable."
"Avec cela," me dis-je,
"le catalogue doit être complet"
"Je comprendrai fort
bien," ajouta-t-elle, " si après avoir pris vos dispositions vous
souhaitiez, dans un délai que vous déterminerez, prendre votre liberté en vous
installant dans vos murs. Je n'y verrai pas d'inconvénient bien que cela ne
soit pas simple dans une petite ville comme la nôtre. Vous vous en rendrez
compte assez vite. En attendant, je vous demanderai de prendre en compte
scrupuleusement les usages de ma demeure. A défaut, je me verrai dans
l'obligation de vous demander de quitter les lieux sans délai. Je serai ferme
sur ce point."
Avec Madame Raveneau, j'avais tiré
un lot qui comprenait deux maîtresses femmes qui semblaient décidées à faire
passer sous leurs fourches caudines le nouvel arrivant que j'étais. Considérant
qu'il ne s'agissait que d'une situation très provisoire, je lui assurais que je
trouvais ses exigences fort raisonnables.
"Dernière chose, vous me
verserez votre loyer chaque semaine pour la suivante. Ainsi, nous ne serons
mutuellement engagées que pour un temps très court. Cependant, je ne tolérerai pas de retard"
Ainsi congédié, je pus regagner ma
chambre. Ma cohabitation avec Madame Tolbois entra dans sa première semaine.
Nous n'étions pas au bout de la
première semaine que j'eus le droit aux premières observations sur mon peu de
rigueur à suivre les règles "comme je m'y étais engagé".
Dès le deuxième jour, j'arrivais
avec plus de cinq minutes de retard au petit déjeuner auquel j'étais convoqué à
7h tapantes. D'un froncement de sourcil, Madame Tolbois me signifia son
mécontentement. Je fis celui qui n'avait rien remarqué. Lorsque le mercredi
soir je me pointais avec un quart d'heure de retard pour le dîner, ma logeuse
me le reprocha explicitement en m'expliquant qu'elle attendait plus de rigueur
de ma part.
Arrivé pile à l'heure aux repas du
matin et du soir de jeudi, Madame Tolbois me convoqua dans le séjour une fois
le dîner achevé.
"Vous avez laissé la salle de
bain dans un état déplorable ce matin. Bien pire que les autres jours.
J'entends que cela ne se reproduise pas"
Effectivement, levé un peu tard
pour assurer la ponctualité demandée au petit déjeuner, j'avais sciemment passé
outre au rangement et au nettoyage que je pratiquais habituellement.
"Votre chambre n'est pas
correctement rangée. Ce matin, une culotte usagée, d'ailleurs d'une propreté
douteuse, traînait sous votre lit. Et hier, ce sont des papiers, roulés en
boule, que vous aviez jetés à côté de la poubelle. Et je ne parle pas de la
chaussette oubliée dans la salle de bain."
Elle marqua une pause me
dévisageant les sourcils froncés comme pour me signifier la gravité de ses reproches.
Je ne savais trop quelle attitude adopter, pris au dépourvu par ces réprimandes
qui m'étaient adressées comme on gronde un enfant. Je n'osais répondre pour
mettre en avant son immixtion dans mon intimité. Je prenais trop au sérieux ses
menaces d'expulsion et je ne voyais pas de solution de replis, sauf à prendre
le risque de perdre mon travail.
"Je vous ai également demandé
de ranger soigneusement vos vêtements dans l'armoire. Cela n'est toujours pas
fait, au bout de quatre jours ! Je vais être obligée de sévir !"
Décontenancé, je bredouillais
quelques excuses et promesses et je pus regagner la tranquillité de ma chambre.
L'intrusion de Madame Tolbois dans ma vie privée se précisait. Elle contrôlait
non seulement le rangement de mes affaires, mais également mes sous-vêtements,
et tout cela seulement quatre jours après mon arrivée. Les choses ne pouvaient
pas en rester là. Il fallait que je trouve un autre hébergement. Je décidais de
me mettre en quête dès le lendemain. En attendant, je me promis d'être plus
rigoureux afin de ne plus me faire sermonner comme un petit garçon.
Dès le lendemain, je fus vite déçu
quant à la possibilité de trouver un autre logement. Ce qui était disponible
n'était pas dans mes moyens. Mes collègues que j'interrogeais sur le sujet
furent unanimes. Le coup de fil au notaire qui faisait office d'agent
immobilier me confirma leurs propos.
C'est un peu déprimé que je
rentrais chez Madame Tolbois pour le dîner. L'atmosphère était lourde.
Apparemment, j'étais sous surveillance, en probation en attendant le prochain
manquement aux règles domestiques. Nous étions vendredi soir. C'était hier.
Dès que je le pus, je m'échappais
pour prendre de la liberté vis-à-vis du contrôle de mes faits et gestes que je
sentais se resserrer autour de moi. Désœuvré, je rentrais dans le premier bar
que je trouvais à deux pâtés de maison de la demeure de Madame Tolbois, pas
même cinq minutes après être monté dans ma voiture. Dès le deuxième verre,
j'avais retrouvé de mon allant et assez vite, je sympathisais avec un groupe de
personnes qui s'apprêtaient à passer la soirée en boite de nuit. Bien
évidemment je les accompagnais d'autant plus qu'ils me proposèrent de m'y
conduire et de me déposer au retour.
Encore quelques verres fortement
alcoolisés de plus et je ne contrôlais plus mon comportement. Mes compagnons de
beuverie, bien qu'eux-mêmes passablement ivres, eurent toutes les peines du
monde à me faire remonter dans leur véhicule pour me raccompagner là où notre
périple avait commencé. C'est du moins ce que me raconta Madame Tolbois,
quelques jours plus tard. L'histoire avait fait le tour de la ville.
Je ne sais trop comment je réussis
à ramener ma voiture à bon port. Je n'en ai aucun souvenir. Toutes les lumières
étaient éteintes chez Madame Tolbois. Cela n'avait rien d'étonnant compte tenu
de l'heure avancée. Elle avait enclenché le verrou, comme elle le faisait
chaque soir. Je fulminais contre elle tout en ouvrant la porte, énervé par les
précautions qu'elle prenait et qui me retardaient. Je sentais monter une nausée
et je me précipitais pour rejoindre mon lit. Trop vite sans doute ! Je
heurtais de l'épaule le porte manteau, pourtant bien à sa place dans le
vestibule. Ma tentative pour le rattraper fut un échec. En tombant, il entraîna
les objets qui se trouvaient sur le guéridon à proximité. Tout cela s'affala
sur le carrelage du couloir, rebondit à plusieurs reprises. Le boucan qui en
résultait ne pouvait être ignoré.
J'étais encore tétanisé au milieu
du désastre quand, au bout du couloir, je vis apparaître Madame Tolbois vêtue
de sa robe de chambre.
"Que se passe-t-il
ici ?"
Elle s'approcha et je sentis la
nausée me reprendre de plus belle. Sans doute Madame Tolbois s'en aperçut-elle
en même temps que moi. Me prenant par le bras elle me conduisit dans les
toilettes et me faisant agenouiller devant la cuvette, j'arrivais juste à temps
pour y rendre tout l'alcool ingurgité. Je tentais de me relever mais ma logeuse
pesa de sa main sur ma nuque, puis elle m'asséna une claque sur le fond de mon
pantalon.
"Tu restes là jusqu'à ce que
je revienne"
Hébété, je ne bougeais pas. La
pensée de la claque sur les fesses que je venais de recevoir avait du mal à
faire son chemin dans mon cerveau embrumé. Madame Tolbois fit son retour, un
verre à la main.
"Bois cela !" m'ordonna-t-elle.
Cela avait un goût amer et je voulu
m'arrêter après la première gorgée.
"Tu bois tout !"
elle accompagna son ordre d'une nouvelle fessée à laquelle je ne réagis pas
plus qu'à la première.
A peine la dernière goutte de
liquide avalé, j'en régurgitais la totalité dans les toilettes accompagnée de
ce qui restait dans mon estomac.
"Debout !" Je reçus
une nouvelle claque sur les fesses.
Me prenant par le bras, elle me
conduisit vers la salle de bain où je reçus l'ordre de me rincer la bouche.
Dans l'état dans lequel je me trouvais, l'attention rude et ferme que me
prodiguait ma logeuse me donnait un sentiment de sécurité. Je n'avais qu'à
suivre ses consignes. Je la laissais faire et je ne percevais pas les quelques
claques reçues sur le fond de mon pantalon comme un inconvénient majeur. Mon
mal de tête m'empêchait de réfléchir au changement dans nos relations que cela
supposait.
Je me retrouvais rapidement dans ma
chambre, toujours cornaqué de près par ma logeuse. Aussitôt, elle commença à
défaire mon pantalon, puis à le baisser. Ma culotte suivit. Je ne protestais
pas. Après m'avoir enlevé ma chemise, elle me fit asseoir sur le bord de mon
lit et elle m'ôta mon pantalon, puis ma culotte.
"Debout,"
m'ordonna-t-elle de nouveau.
Comme, à son goût, je tardais à
obéir, elle me mit debout et sur mes fesses nues, elle m'asséna une demi-douzaine
de fessées.
"Aïe, aïe !" les
claques sur mes fesses qui n'étaient plus protégées par mes vêtements étaient
beaucoup plus douloureuses et malgré mon état semi-comateux, je ressentais les
picotements désagréables qu'elles provoquaient. Je n'étais cependant pas assez
lucide pour protester contre ce traitement qui n'était approprié ni à mon âge,
ni à mon statut de locataire.
Sans transition, elle me passa mon
pyjama et c'est d'une petite claque sur le haut de la cuisse qu'elle me
signifia que je devais lever le pied pour y passer la jambe du pantalon.
Quelques secondes plus tard, elle m'avait mis au lit, bordé et la lumière
éteinte je sombrais dans un sommeil agité.
Je fus brusquement réveillé le
lendemain matin par la lumière allumée dans ma chambre lorsque Madame Tolbois y
pénétra. L'esprit encore empêtré dans les conséquences de mon ivresse de la
veille, je ne remarquais pas qu'elle n'avait pas frappé avant d'entrer. Elle
vint directement à mon lit et, tirant les couvertures, elle dit d'un ton où ne
perçait aucune sympathie pour mon état précaire :
"Tu te lèves et tu viens
déjeuner. Je t'attends. Tu as cinq minutes. Tu feras ta toilette après."
Bien que les souvenirs de la soirée
fussent assez vagues, j'avais le sentiment d'avoir dérogé gravement au contrat
de bon comportement comme je m'y étais engagé. Il me restait quelques images
fugaces qui revenaient à ma mémoire. La plus persistante était sans doute celle
de ma logeuse me déshabillant, puis me mettant au lit ce qui expliquait
pourquoi j'étais en pyjama. A ce souvenir, j'éprouvais de la honte. Je m'étais
comporté plus comme un adolescent laissant sa première sortie se finir en
beuverie et obligeant les adultes qui l'entouraient à le prendre en charge,
jusqu'à le mettre au lit. Je ne voyais pas quelles excuses acceptables j'allais
bien pouvoir présenter à Madame Tolbois. A sa place, je mettrais en œuvre
immédiatement la menace d'expulsion.
"Daniel, tu descends ou
faut-il que je vienne te chercher ?"
Les cinq minutes qu'elle m'avait
accordées, étaient largement dépassées. Elles m'avaient juste permis de
retrouver un début de lucidité, suffisamment pour obéir à son ordre, mais pas
assez pour savoir comment me comporter face à ma logeuse.
Le petit déjeuner était prêt comme
d'habitude.
"Ecoutez, commençais-je, en ce
qui concerne hier soir je voulais …"
"Nous verrons cela tout à
l'heure, m'interrompit-elle. Tu prends ton petit déjeuner."
Le repas se déroula dans le silence
le plus total. Seul le bruit des cuillères le disputait au son des couteaux
tranchant le pain. L'incertitude quant à mon avenir et les difficultés
résiduelles de mon estomac me bloquaient l'appétit. Je ne pus presque rien
avaler.
"Je vois que tu n'as pas très
faim. Cela n'est pas étonnant compte tenu de ton état d'hier soir."
Je remarquais alors seulement
qu'elle était passé du "vous" au "tu", ce qui renforçait
mon sentiment d'être un petit garçon qui avait fait une bêtise, face à un
adulte.
"Bon, va faire ta toilette et
t'habiller. Sais-tu encore le faire tout seul ou faut-il que je m'en charge
comme hier soir ?"
Je rougis de honte. Elle mettait au
grand jour mon comportement puéril de la veille. Elle évoquait également
combien le déshabillage qu'elle avait dû prendre en charge lui avait donné
accès à mon intimité. Je ne savais plus comment affronter cette situation. Je
baissais la tête, renforçant le sentiment que je donnais d'être un petit garçon
grondé par une grande personne et à qui on rappelait ses caprices de la veille.
"File te préparer ! Je
t'attends dans le séjour dans une demi-heure. Nous réglerons alors la question
de ton comportement d'hier soir."
Je me levais sans dire un mot. La
boule qui s'était formée au creux de mon estomac avait pris une nouvelle
consistance. En montant l'escalier j'avais, bien plus qu'en le descendant
quelques instants auparavant, le sentiment que mon destin était scellé.
J'avais fait des efforts de
présentation pour me rendre à la convocation de ma logeuse : rasage
soigné, pantalon propre, chemise repassée. J'avais domestiqué les épis qui
donnaient souvent un air négligé à ma coiffure. Malgré cela, je me sentais
toujours dans une position inconfortable quand je me présentais à la porte du
séjour. Madame Tolbois m'attendait.
"Viens ici !"
De son doigt pointé, elle désignait
le sol quelques mètres devant le canapé où elle était assise.
"Qu'as-tu à dire à propos de
ce qui s'est passé hier soir ?"
"Je vous prie de m'excuser …
je n'allais pas bien, bredouillais-je, cela ne se reproduira plus … je ferai
attention …"
Elle laissa s'installer un long
moment de silence.
"Que crois-tu que je dois
faire ? Croire tes faibles excuses et passer l'éponge ?"
"Oui … euh, non … je … je
…"
C'était une engueulade en règle.
Intérieurement je reconnaissais l'avoir méritée. Je n'arrivais pas à soutenir
son regard qui me revoyait ma culpabilité évidente. La tête baissée, je
contemplais le bout de mes chaussures. Des doigts de ma main droite, je triturais
ceux de ma main gauche. Je me tenais comme je le faisais, jadis lorsque je me
faisais gronder.
"Faisons d'abord le point des
griefs à ton encontre. Tout d'abord, tu rentres totalement ivre à la maison, à
tel point que tu pouvais à peine marcher. Est-ce exact ?"
"Oui Madame, arrivais-je à
balbutier."
"Si j'ai bien compris ce qui
s'est passé, c'est au volant de ta voiture que tu es rentré. Est-ce bien
cela ?"
"Oui Madame, mais seulement
depuis le bar qui est tout près, répondis-je faiblement."
"Crois-tu que cela t'exonère
de ta responsabilité ?"
"…"
"Non seulement tu t'enivres,
mais en plus tu te permets de conduire au risque d'avoir un accident, ce qui
montre ton irresponsabilité, et plus grave encore d'y entraîner d'autres
personnes. C'est inadmissible !"
Je restais coi. Je voyais venir
l'inévitable conclusion et j'avais le sentiment que plaider ma cause, sans
argument valable, ne ferait qu'aggraver la colère de Madame Tolbois.
"Enfin, au mépris de ce dont
nous avions convenu, tu provoques un tintamarre en rentrant, réveillant toute
la maisonnée et m'obligeant à de prendre en charge à quatre heure du matin
jusqu'à te mettre en pyjama et te coucher. Trouves-tu cela normal ?"
"Non, Madame."
"Un bon point pour toi, tu
reconnais tes bêtises et tes irresponsabilité. Toutefois, cela ne suffit pas
pour les considérer comme quantité négligeable. D'après ce que nous avions
convenu, la sanction est évidente : je dois te mettre dehors."
"Non, Madame, s'il vous plait,
je ne saurai pas où aller."
"Dans cette hypothèse, tu
n'auras pas seulement un problème de logement. Je crois pouvoir affirmer que
Marie-Thérèse ne gardera pas dans son entreprise une personne aussi
irresponsable. Il est fort probable qu'elle mettra fin à ton contrat de travail
dès lundi matin, surtout quand je vais lui raconter ce qui s'est passé."
"Non, Madame, je vous en
prie."
Je voyais s'ouvrir devant moi un
avenir avec toutes les incertitudes que je redoutais. J'avais coupé les ponts
avec ma précédente vie, plus de retour en arrière possible. Je ne pouvais pas
compter ni sur des amis, ni sur ma famille. En un éclair je me vis aller
grossir le flot des SDF.
"Non, non, comme tu y
vas ! Crois-tu donc que ce que tu as fait hier doit rester
impuni ?"
"Non, … oui, … je suis
d'accord."
"Nous avançons. Nous sommes
donc d'accord pour considérer que tu dois être puni pour ce que tu as fait hier
soir. Est-ce bien cela ?"
"…"
"Est-ce bien cela ? Insista-t-elle."
"Oui Madame, répondis-je
faiblement."
Je ne comprenais plus où elle
voulait m'emmener.
"Nous avons déjà dit que je
peux te mettre à la porte, …"
Elle laissa un silence s'installer.
"… quelle autre punition
possible vois-tu ?"
" … je, … je … vous, … vous
pourriez me donner un travail à faire."
"Effectivement, c'est une
bonne idée, mais très insuffisant comme punition au regard de ce que tu as
fait. Non, je pense qu'il faut quelque chose de plus spectaculaire. Que
pourrions-nous trouver ?"
"Je … ferai la punition que
vous déciderez, Madame."
"La punition dont j'aurai
décidé. Voici un engagement que tu n'es pas sûr de tenir. Encore une fois. En
fait, j'ai bien une idée de punition alternative à ton expulsion et c'est toi
qui me l'a suggéré hier soir. En te mettant au lit, j'ai eu l'impression
d'avoir affaire à un garçon désobéissant et non à un adulte. Un corps de grand
garçon, mais un comportement d'enfant. C'est presque naturellement que je t'ai
fessé pour souligner mes réprimandes, comme on le fait pour un enfant
désobéissant."
Suggérerait-elle de m'administrer
une fessée ? Dans le doute, je préférais le silence.
"Voici ce que je te propose.
Soit tu choisis une punition d'adulte et je te mets dehors ce qui aura pour
conséquence la perte de ton travail. Soit tu préfères une punition d'enfant et
je te donne une fessée."
Je levais la tête et je lus, dans
son regard, sa détermination.
"Afin que tout soit clair, il
faut que tu saches que si je te mets dehors ce sera dès ce matin. Je te laisse
une demi-heure pour faire tes bagages et tu t'en vas. Si tu préfères rester, ce
sera une fessée déculottée, immédiate et je saurai te la donner suffisamment
sévèrement pour que cela constitue une punition effective. Et enfin, si tu
choisis la fessée, ce ne sera que la première d'une longue série. Celle
d'aujourd'hui, ce sera pour t'être enivré, tu en auras une autre demain pour
avoir conduit après avoir bu et celle-là je te promets que tu t'en souviendras.
Enfin, il y en aura une troisième après-demain pour m'avoir réveillée en
rentrant. Dorénavant, je te déculotterai et je te fesserai aussi souvent que je
le jugerai nécessaire, à chaque fois que tu en auras besoin."
Je restais abasourdi par le choix
qui m'était proposé : la rue ou la fessée.
"Alors, que
choisis-tu ?"
Ma crainte ultime de ces trois
dernières années était de me retrouver à la rue. Je crois que j'aurais fait
n'importe quoi pour l'éviter.
"Daniel, si tu ne choisis pas,
ce sera les deux : d'abord je te donne une fessée, puis je te mets à la
porte. J'attends …"
Mon choix était fait. Je ne voulais
pas partir.
"Bon, dit-elle, je vais
choisir pour toi"
"Non, non, je veux
rester"
"Alors que choisis-tu?"
"La … la …"
Je n'arrivais pas à prononcer le
mot.
"Alors?"
"La fessée. Je choisis la
fessée."
"Bien, c'est parfait. Je vais
donc te donner une fessée. En attendant que je sois prête, mets-toi le nez
contre le mur et les mains sur la tête."
J'obtempérais. Une fois la position
prise je l'entendis faire ses préparatifs que je n'arrivais pas à décrypter.
D'un côté j'étais soulagé de pouvoir rester, mais la boule qui nouait mon
ventre n'avait pas disparu. Ce n'était plus la même raison qui en était à
l'origine. Au piquet, les mains sur la tête, j'attendais de recevoir la fessée.
"Daniel,
tourne-toi !"
Madame Tolbois était assise sur le
canapé. Son visage montrait combien elle prenait au sérieux la tâche qui
l'attendait. Sur la table basse, à portée de sa main, elle avait posé une règle
plate, en bois. Tout était en place pour que commence ma punition.
"Viens-ici mon
garçon !"
Et voilà comment après avoir reçu
une fessée magistrale, je me trouvais au coin, la culotte baissée, exhibant mes
fesses nues et attendant l'autorisation de Madame Tolbois pour retrouver une
tenue décente.
Episode précédent : chapitre 1
Episode suivant : chapitre 3
voilà le traitement qui m'a m 'a manqué et me manque toujours de mains féminines.
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