Nous nous sommes retrouvés à
trois, au début de l’après-midi devant la porte de Sœur Marie-Odette. Je
n’avais pas très bien compris pourquoi je devais aller dans celle classe. Je me
renseignais auprès des autres.
« Comment
t’appelles-tu ? Pourquoi es-tu là ? »
C’était une fille de sixième qui
me répondit en premier.
« Moi c’est Justine. Je fais
plein de fautes d’orthographe. Ma professeure de français m’a collé pour cela.
Sœur Marie-Odette elle est spécialiste. Ça va être ma fête. »
Certes, je n’étais pas un
champion en orthographe, mais on ne m’avait pas fait de remarque à ce sujet.
J’appris, par la même occasion, que Sœur Marie-Odette était la professeure des
classes post-baccalauréat. La réponse du troisième larron ne m’apporta pas plus
d’éclaircissement.
« Hum, j’ai répondu à un
professeur, alors je fais la ronde des fessées. J’en ai pour une semaine.
– Qu’est-ce que c’est que
« la ronde des fessées » ?
– Oh, c’est nous qui avons appelé
ça comme ça. C’est une punition qui est donnée quand un …
– Où vous croyez-vous ? »
Sœur Marie-Odette était arrivée
sans que nous l’entendissions.
« N’oubliez pas que si vous
êtes ici, c’est parce que vous êtes punis. Je veux donc vous voir le nez contre
le mur, les mains croisées sur le sommet de vos crânes. »