dimanche 3 septembre 2017

Axel, consultant à St Marie - chapitre 4

Lorsque j’arrivais à la porte de la salle dans laquelle se déroule le cours suivant. Celle-ci était déjà close. Le cours avait commencé. J’étais en retard. Comme un flash, il me revint à la mémoire ce que Sœur Dominique avait promis aux deux jeunes filles au cas où elles se mettraient dans une telle situation : « Sœur Françoise serait obligée de vous fesser. » Je sens monter une angoisse que je n’arrive pas à contrôler.

« Bon, pensais-je en moi-même, il est sans doute préférable que je fasse l’impasse sur ce cours, il ne va rien s’y passer d’intéressant. »
Je me ressaisis, au prix d’un effort de volonté.
« Tu te comportes, me sermonnais-je intérieurement, comme si tu risquais de recevoir une fessée. »
La remontrance de Sœur Dominique m’avait impressionné plus que je ne voulais bien me l’avouer. Je ne pouvais cependant pas me laisser dicter ma conduite par des craintes irraisonnables. Dans mon plan d’étude, j’avais décidé d’être présent pour ce cours, il n’en serait pas autrement. Raffermi par ce conciliabule intérieur, je frappais à la porte.
« Entrez ! »
Je ne fis que deux pas dans la classe avant de m’immobiliser sur place. Sœur Françoise tenait un garçon allongé sur ses genoux. Il avait la culotte baissée et les fesses déjà bien rouges. Il sanglotait doucement.
« Ah, Monsieur Fournier, on m’avait annoncé votre présence. J’étais étonné de ne pas vous voir. Permettez que je règle d’abord le petit différent que j’ai avec ce jeune homme ? »
La fessée reprit et le garçon se mir à pleurer bruyamment et à battre des pieds. Il se tortillait sur les genoux de sa correctrice, mais comme pour toutes les fessées dont j’avais été témoin, il ne cherchait pas à se dégager de la position disciplinaire dans laquelle il avait été mis. Elle remit le garçon sur ses pieds et sans un mot elle lui désigna le coin de la classe. De la démarche dandinante qu’adoptaient tous les enfants quand ils devaient se déplacer la culotte baissée, le jeune homme rejoignit l’espace qui lui était assigné, le nez dans le coin et les mains croisées dans le dos.
Je fis un pas, pensant que Sœur Françoise touerait maintenant son attention vers moi. Je fus arrêté par un regard courroucé.
« Mademoiselle Camille, je vous ai entendu souffler une réponse à votre camarade.
– Oh, non ma Sœur !
– Comment ? Vous prétendez que je me trompe !
- Non, ma Sœur, répondit la jeune fille en baissant la tête.
– Bon, il est préférable que vous ne rajoutiez pas le mensonge à votre faute initiale. »
Sœur Françoise laissa un petit blanc s’installer, pendant lequel elle fit des yeux le tour de la salle. Elle finit par moi et comme l’avait fait tous les enfants, je baissais les yeux.
« Mademoiselle Camille, il est tout à fait improductif de donner à votre camarade, Mathis, des réponses qui lui seront inutile pour savoir durablement le contenu de ses leçons. Je gage que demain, quand je le réinterrogerais, il saura répondre sans faute. La fessée de ce matin et celle qu’il recevra ce soir à la maison auront produit leur effet, bien plus que ce que vous avez tenté de faire. »
Je voyais la jeune fille se décomposer sous le sermon de sa professeure.
« Ce que vous avez tenté est non seulement inefficace, votre camarade pourrait avoir l’illusion qu’il connait ses leçons et cela lui fera défaut à la première occasion ; mais de plus c’est explicitement interdit dans cet établissement. »
Sœur Françoise, au-delà du blâme adressé à Camille, expliquait à tous les élèves la vision de l’éducation en cours à St Marie. Elle s’efforçait de faire comprendre à tous les élèves l’importance de ce qu’elle disait.
« Certes, cela partait d’un bon sentiment : épargner une fessée à votre camarade, mais en réalité vous lui avez nuit, non seulement dans la maîtrise de sa leçon, mais également parce qu’il n’aurait alors pas pu tirer profit de la fessée que je viens de lui donner. »
Le raisonnement était limpide, à la portée des jeunes oreilles que Sœur Françoise avait devant elle. Je ne trouvais pas de faille dans l’analyse que la religieuse venait d’exposer. Cela était tout à fait central pour mon rapport. J’étais impatient de noter ces phrases afin de ne pas les oublier.
« Pour n’avoir pas respecté le règlement de l’établissement et pour avoir nuit à votre camarade, il me parait normal que vous alliez le rejoindre, n’est-ce pas Camille ? »
Camille bredouilla quelque chose que nous n’entendîmes pas.
« Que dites-vous Camille ? 
– Oui, ma Sœur.
– Il ne me reste plus qu’à appliquer ce qui est juste et mérité. Venez-ici, Camille ! »
La jeune fille vint se placer d’elle-même debout, à la droite de la chaise sur laquelle Sœur Françoise était toujours assise. Elle allongea Camille en travers de ses cuisses, relava sa jupe dans son dos et lui baissa la culotte. Elle lui administra une fessée énergique à laquelle Camille réagit tout de suite par des plaintes, des promesses de s’amender qui s’achevèrent quand les sanglots ne laissèrent plus à Camille le loisir d’articuler distinctement une quelconque parole. Ses pieds battirent l’air en vain tout au long de la correction. Elle ne fut pas particulièrement longue, mais on sentait bien qu’elle avait porté ses fruits, bien entendu pour Camille, mais également pour tous les élèves devant lesquels elle s’était déroulée. Je me surpris à me promette de ne plus jamais souffler de réponse à qui que ce soit.
Sœur Françoise prit le temps de passer le bas de la jupe de la jeune fille sous la ceinture afin de la maintenir relevée quand la jeune fille se retrouvera sur ses pieds. Sur l’indication de sa professeure, elle alla occuper l’autre angle de la pièce, celui qui était encore disponible.

Sœur Françoise se tourna alors vers moi. Une irrépressible bouffée d’angoisse monta dans ma gorge : pour mon retard, Sœur Françoise allait-elle me donner la fessée devant toute la classe ? Allait-elle me déculotter ? Me mettre au coin avec les deux précédents punis ? Je ne songeais pas un seul instant que mon statut me permettrait d’éviter cette punition.
–« En retard ! Vous avez de la chance de n’être pas un de mes élèves ! »
Elle me fixait droit dans les yeux. Je me réussis pas à soutenir son regard plus de quelques secondes, je baissais la tête. Je me rendais compte que j’avais tout d’un élève sur le point d’être puni. Satisfaite de l’ascendant qu’elle avait pris sur moi, elle m’ordonna :
« Allez vous asseoir à la table au fond de la classe. Je ne veux pas vous entendre. »
Sans un mot, en faisant le moins de bruit possible je pris place.

Je restais un petit moment inoccupé, le temps de récupérer de l’angoisse que j’avais ressenti. Je m’étais cru sur le point d’être puni comme il était de règle à St Marie : une bonne fessée déculottée. Cela s’était passé dans ma tête, mais j’avais eu l’impression, un petit moment, que c’était réel. Cela avait consommé, en un instant, une bonne partie de mon énergie.
L’atmosphère qui régnait dans l’établissement imprégnait tous mes raisonnements. Lucidement, je remarquais que j’avais craint de recevoir la fessée dans des situations où, si j’avais été un élève, j’aurai certainement été puni. Il s’agissait, en fait d’une conséquence de mon sentiment de culpabilité. J’espérais que cela n’avait pas transparu dans mon attitude. Si j’en juge par la façon dont Sœur Françoise s’était adressé à moi, il ne fallait pas me faire trop d’illusion. Elle n’avait pas explicitement évoqué la perspective d’une fessée, mais ses allusions ne laissaient aucun doute.
Après quelques temps d’introspections, je couchais sur le papier mes observations. Je tenais maintenant pour quasi certaine l’efficacité de la fessée sur le niveau scolaire des élèves. L’étude statistique que j’avais menée concordait avec mes observations, en particulier la facilité avec laquelle les élèves apprenaient leurs leçons après avoir reçu une fessée. Il était également de plus en plus patent que la légitimité des sœurs à administrer la fessée, quand elle était méritée, n’était contestée par personne. Les élèves étaient les premiers à le reconnaître. Ils cherchaient à être pardonnés par la personne qui les avait corrigés.
Cela construisait un environnement où les temps de sévérité alternaient avec les moments d’affection partagée. Il n’y avait donc pas de sentiment de violence latente dans l’air à St Marie, l’atmosphère était plutôt détendue, y compris pendant l’administration des fessées. A ces moments-là, l’attention à ce qui se passait était forte, la soumission des punis donnait plus le sentiment d’un acte de justice que de violence. Bizarrement, même les punis distillaient cette impression.

Je fus ramené à ce qui m’entourait quand Sœur Françoise interpella un garçon.
–« Romain, je suis curieuse de voir ce que vous venez de passer à votre voisin. Apportez-moi donc ce papier. »
Romain récupéra la note dans les mains de son voisin. Il se dirigea, le plus lentement possible vers sa professeure.
–« Faut-il que je vienne vous chercher afin que vous mettiez un peu plus d’entrain à venir jusqu’ici ? »
Romain accéléra nettement le tempo. Il fut donc rapidement au pied de l’estrade sur laquelle se tenait sœur Françoise.
–« Montrez ! lui fut-il ordonné. »
Romain lui remit le papier. Sœur Françoise prit connaissance de son contenu, puis elle le posa sur son bureau. Elle me jeta un regard rapide avant de porter son attention sur Romain.
–« Est-ce vous Romain l’auteur de cette missive ?
– Oui, ma Sœur.
– Vous en assumez donc la responsabilité ?
– Oui, ma Sœur. »
Je sentais bien que Romain abondait à contrecœur aux affirmations de sa professeure.
« Je ne vois pas le rapport entre ce qui est écrit sur ce papier et la civilisation grecque que nous étudions actuellement en histoire. Pouvez-vous me l’expliquer ? »
Romain baissa les yeux, mais il restait silencieux.
« Dois-je comprendre dans votre silence, qu’il n’y en a pas ?
– Oui, ma sœur.
– Vous vous permettez donc d’occuper votre esprit à tout autre chose que le sujet qui, en principe, nous intéresse tous. »
Romain, les yeux baissés ne disait plus un mot.
« Il me semble que cela doit être considéré comme une inattention grave. Etes-vous d’accord, mon garçon ?
– Oui, ma Sœur, répondit Romain d’une toute petite voix.
–Etes-vous au courant que dans cette école, il y a des punitions prévues pour les élèves qui sont occupés pendant le cours à tout autre chose que ce qu’ils devraient faire ? »
Romain restait silencieux. Sœur Françoise se baissa pour administrer une claque sur le haut de la cuisse du garçon.
« Je vous ai posé une question, jeune homme, j’attends une réponse.
– Oui ma sœur, je le sais »
Sortant de l’empathie que je pouvais avoir avec ce grand garçon qui, très probablement, allait recevoir une fessée, je remarquais, qu’une fois de plus la religieuse avait amené le garçon à admettre le bien-fondé de la punition qu’elle avait décidé de lui donner. Je fis l’hypothèse que cela faisait partie de la méthode qui permettait à chacun d’accepter la correction qui lui était promise, y compris quand on en était l’un des deux acteurs principaux, celui dont les fesses étaient sur le point d’être grandement échauffées.
« Eh bien il ne vous reste plus qu’à recevoir votre punition. »
Sœur Françoise fit monter, à Romain, la marche qui lui permettait de se trouver sur l’estrade. Tenant le garçon par la main, elle l’emmena vers la chaise sur laquelle elle prit place. Rien n’avait bougé depuis la précédente punition. Apparemment, c’était la place habituelle de ce siège qui restait là, le lieu où s’administraient les punitions.
Elle déboutonna le pantalon du garçon et le fit glisser jusqu’à ce qu’il passe en dessous de ses genoux. Puis, elle descendit la culotte qu’elle laissa juste au-dessus des genoux de Romain. Le jeune garçon laissa Sœur Françoise le coucher, à plat ventre,  en travers de ses cuisses qu’elle avait écartées pour ménager une plateforme sur laquelle reposait maintenant le buste du garçon. Romain avait laissé la religieuse le positionner comme elle le désirait. Dès que sa culotte avait été baissée, il s’était à pleurnicher en sourdine.
La main de Sœur Françoise s’abattit et cela fit un bruit retentissant qui traversa la classe. Puis, régulièrement, en détachant bine chaque claque l’une l’autre, elle fessa le garçon. Comme à chaque fois, celui-ci arrêta bien vite les supplications pour passer à des sanglots bien nets. Comme à chaque fois, il nattait des pieds dans le vide, mais sans entraver l’administration de la fessée. Comme à chaque fois, ses fesses rosirent, puis rougirent, jusqu’à prendre une couleur uniforme. Sœur Françoise persista encore un petit moment, puis elle cessa.
Romain continuait à pleurer comme si la fessée continuait. Il avait toutefois cessé les gestes désordonnés que faisaient ses jambes et il restait passif sur les genoux de la religieuse. Il était clair qu’il avait reçu une punition qu’il n’oublierait pas et qu’il hésiterait probablement à plusieurs reprises avant de chercher à faire passer un papier à l’un de ses voisins.
Puis, ses pleurs se calmant, sœur Françoise le releva. Elle pointa du doigt le mur à côté du tableau.
« Je suis désolée, Romain, mes vos deux camarades occupent les deux coins libres de la pièce. Il n’est pas aussi courant d’avoir autant de punis dans cette classe. Je n’ai que le piquet à vous offrir. Ce sera donc les mains sur la tête. »
Romain s’exécuta. Les mains croisées sur le haut de son crâne, il marcha vers le mur, y posa son nez et il ne bougea plus. Seuls quelques gros sanglots résiduels lui soulevaient encore de temps en temps la poitrine.

Le cours d’histoire reprit. Les trois punis étaient oubliés dans leur lieu de pénitence. Au bout de quelques minutes, Sœur Françoise regarda sa montre.
« Bon, fit-elle, mes deux premiers punis ont passé un bon quart d’heure au coin. Il est temps qu’ils réintègrent la classe. »
Puis, elle appela Mathis qu’elle fit venir près de la chaise sur laquelle elle avait repris place. Elle prit les mains du garçon dans les siennes. Elle déposa un bisou sur son front, puis elle lui fit faire un quart de tour. Elle posa la main sur les fesses nues du garçon, et elle les caressa en un léger mouvement de massage circulaire. Elle rapprocha le garçon d’elle et il posa sa tête sur l’épaule de la religieuse.
« Encore un peu rouges, juste ce qu’il faut pour se souvenir de bien apprendre ses leçons ce soir, n’est-ce pas, Mathis ?
– Oui, ma Sœur.
– Bon, j’espère ne pas avoir à recommencer demain, qu’en dis-tu ?
– Oh non, ma Sœur. »
Elle tapota doucement les fesses du garçon, puis, elle remonta sa culotte et réajusta son pantalon.« Retourne à ta place ! »
J’eu l’impression que c’était à regret que Mathis quittait les bras de Sœur Françoise. Il poussa un gros soupir avant de regagner sa place.
–« Camille, je t’attends ! »
Les mains toujours croisées dans son dos, la jeune fille vint chercher le réconfort auquel, apparemment, tout puni avait le droit dans cette classe. Elle posa son visage sur l’épaule de Sœur Dominique et des petits sanglots secouèrent sa poitrine.
« Allons, allons, ma grande fille, gronda doucement Sœur Françoise, ce n’est pas si grave que cela. Ce n’est pas la première fessée que tu reçois à St Marie. Je me rappelle t’en avoir déjà donné une, dans la première semaine d’école et tu en auras d’autres. Même pour une bonne élève comme toi, une fessée de temps en temps fait beaucoup de bien, n’est-ce pas ? »
Camille, le visage hocha de la tête, toujours posée sur l’épaule de la religieuse, pour marquer son accord. La main de Sœur Françoise massait toujours doucement les fesses de la jeune fille.
« Aller, cela suffit ! »
Sœur Françoise remonta la culotte de Camille, puis elle remit sa jupe en place et, faisant pivoter la jeune fille, elle la renvoya à son pupitre.
Une dizaine de minutes plus tard, Romain eut également le droit à son câlin auquel il s’abandonna dans les bras de Sœur Dominique.
Le cours fut studieux jusqu’à la fin de l’heure.

Quand la cloche annonça la fin de l’heure, Sœur Françoise demanda aux trois punis de la matinée de lui apporter leur carnet de correspondance.
« J’espère que Maman ou Papa n’hésiteront pas à vous fesser ce soir pour vous rappeler qu’à St Marie, ce sont des enfant obéissants et travailleurs que nous voulons. Pour toi, Mathis, je suis sûre que Sœur Catherine saura te chauffer les fesses, ce soir dans le dortoir. »
Chacun fit une grimace à la pensée de la fessée qui les attendait une fois les cours de la journée achevés. Puis tous les élèves sortirent en silence et en bon ordre, comme il était attendu qu’ils le fassent.

Je les suivais, espérant me faire oublier de la religieuse.
« Une seconde, Monsieur Fournier, il faut d’abord que vous voyez cela. »
Sœur Françoise me tendait le papier qui avait été la cause de la fessée de Romain.
« Lisez, me dit-elle. »
Il y avait juste une phrase écrite d’une main juvénile :
Je te parie que le grand au fond de la classe va prendre une fessée avant la fin de l’heure. Tenu ?
« Vous voyez, me dit Sœur Françoise, ce papier pose deux problèmes que je ne sais pas encore résoudre. Le premier, c’est que vous perturbez la classe. La présence inhabituelle d’un étranger à la classe incite certains élèves à être inattentifs pendant les cours. Au-delà du fait que cela nuit à leurs études, leur distraction les conduit tout droit vers la fessée. Il est habituel, à St Marie de donner la fessée aux enfants qui la méritent, mais nous ne souhaitons pas qu’elle soit trop fréquente. Une bonne fessée de temps en temps ramène l’ensemble des élèves à une obéissance et une assiduité à leur travail. Si elles deviennent trop fréquentes, elles pourraient être ressenties, par les enfants, comme de la maltraitance. Passé le premier mois, la fessée pour comportement inapproprié devient rare. Il reste celles liées aux résultats scolaires, mais celles-là, nous ne souhaitons pas qu’elles disparaissent. Nous montons tout simplement notre niveau d’exigence. S’il reste trop de fessées pour des raisons de comportement, nous ne pourrons pas le faire. C’est là où votre présence est gênante, si elle nous oblige à fesser certains de ces garnements uniquement parce que votre attitude dans nos classes les perturbe. Comprenez-vous ? »
Je n’avais pas imaginé que le système en œuvre à St Marie fût si complexe. J’étais loin de tout avoir découvert sur sa subtilité.
« Oui, ma Sœur.
– Il reste un second problème qui a été finement remarqué par Romain. Comment se fait-il que vous bénéficiez d’un régime de faveur ? Les professeurs ne se le permettent pas. Cela fait partie de notre éthique professionnelle. Les élèves qui se le permettent sont fessés. Et vous ? »
Sœur Françoise laissa durer un blanc, suffisamment longtemps pour que je commence à me sentir mal à l’aise.
«  Je vois que vous n’avez pas de réponse. Cela ne m’étonne pas. Je suis certaine que vous n’aviez, jusqu’ici, pas pensé à tous ces aspects qu’implique votre séjour parmi nous. Que doit faire un professeur la prochaine fois que vous arrivez en retard ? Maintenir vos privilèges ? Vous déculotter et vous fesser ? Je dois avouer que je l’ai envisagé à votre entrée dans ma classe. C’est bien sûr valable pour les retards, mais également pour toutes les règles en vigueur à St Marie : l’attention en classe, la politesse, une tenue négligée, … Vous ne vous imaginez pas le nombre de règles que savent respecter nos élèves. »
La pause marquée une nouvelle fois par Sœur Françoise me laissa le temps de craindre qu’elle décide finalement de me fesser.
« Réfléchissez à tout cela, mais soyez bien conscient que votre statut singulier ne peut pas durer. »
Sur ce, elle me congédia.

Je me dirigeais machinalement vers le cours suivant. Quand j’arrivais devant la porte, elle s’était déjà refermée sur le groupe d’enfants certainement depuis plusieurs minutes. J’étais de nouveau en retard. L’angoisse qui m’avait assaillit devant la porte de la classe de Sœur Françoise remonta de mon estomac et resta coincée dans ma gorge. Je ne me sentais pas disposer des ressources nécessaires pour affronter une nouvelle arrivée en retard. Et si la sœur qui se tenait derrière cette porte fermée décidait de me donner une fessée ? Je préférais rentrer chez moi pour réfléchir sereinement à la situation, ma chambre à St Marie ne me semblait pas le lieu adéquat.

Je retrouvais la maîtrise de mes pensées, devant une tasse de café, une fois de retour dans mon appartement. Mes colocataires n’étaient pas là, j’avais donc tout le temps pour faire le point. Assez vite, j’arrivais à la conclusion qui s’imposait. Si les élèves étaient aussi dissipés par ma présence, c’est à cause de la différence d’âge qui nous séparait. Je dénotais dans le paysage. Avec des élèves plus âgés, ma présence passerait certainement plus inaperçue. Il suffisait donc que je poursuive mes observations dans une classe de terminale. Je résolu de mettre en œuvre cette décision dès le lendemain.

Pour suivre le fil de cette histoire :

Le premier épisode : introduction
l'épisode précédent : chapitre 3
Le prochain épisode ... chapitre 5.

4 commentaires:

  1. Une fessée semble se rapprocher à grands pas...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour,
      Quelle perspicacité !
      Effectivement, la fessée se rapproche. Il faut hélas attendre la semaine prochaine pour lire la suite.
      Au plaisir de vous lire,
      JLG.

      Supprimer
  2. Effectivement je crois que la fessée d'Axel se rapproche !
    Et non seulement il s'en doute mais il l'attend car il a déjà "admis"
    l'application de cette punition à son égard !
    Est ce pour retrouver ces émois d'antan,ou pour voir"comment ça fait" d'être fessé jeune adulte et par une femme de surcroit religieuse ?
    Etait ilsoumis à ce chatiment chez ses parents ?
    J'ai hâte de connaître la suite ,et merci de ces beaux récits .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Jean,
      L'art du lecteur de feuilleton passe par la patience. Je crois que nous allons faire un long parcours avec Axel, mais au rythme d'une lecture hebdomadaire.
      Cela laisse le temps d'imaginer, par soi-même, les développements à venir : qui donnera sa première fessée à Axel, dans quel lieu, dans quelles circonstances, ...
      Au plaisir de vous lire,
      JLG.

      Supprimer

Un commentaire, une réaction, une proposition ? C'est ici. Une fois validé, le commentaire sera visible par tous les lecteurs du blog.
Si vous le souhaitez et pour des raisons de confidentialité, nous pouvons échanger par courriel. Seuls Huguette et moi verrons le message. Il vous suffit de cliquer dans le champ "pour nous contacter" en haut à droite de cette page.