Les Sœurs reprirent leur activité
sans plus se soucier de nous. Je les entendais échanger sur des sujets dont je
ne saisissais pas le sens. Sœur Marie Madeleine vint apporter des courriers que
Sœur Marie Joseph, signa. Ce n’était pas les deux punis occupant deux coins de
la pièce qui gênaient en quoi que ce soit le cours normal des activités de St
Marie.
Même si ma semi-nudité en public
me pesait, c’était devenu une situation courante pour moi. En général, c’était
le sentiment d’être vraiment puni et la honte qui dominaient. Cela faisait
partie de la punition qui atteignait un de ses buts principaux : me faire
comprendre que j’avais eu un comportement irresponsable qui avait appelé à me
considérer et à me traiter comme un enfant. Au coin, j’avais tout le temps d’y
penser sans être distrait par ce qui se déroulait autour de moi, tant les
perceptions de ce qui m’entourait étaient restreintes.
Cet après-midi-là, je ne pouvais
penser à autre chose qu’à la lanière de Sœur Gabrielle qui m’avait été promise.
Je ne pouvais rien faire pour l’éviter et je m’attendais à une grande sévérité
de la part de la religieuse. Je ressassais, en boucle dans ma tête les
souvenirs de la fessée avec cet instrument que Benoit avait reçue. J’avais une
boule dans ma gorge qui rendait difficile mes déglutitions.