jeudi 17 octobre 2019

Mes premières fessées - chapitre 11


Clotilde m’est tombée dessus, par derrière, à la cafeteria.
– Salut !
J’ai sursauté.
– Tu m’as fait peur.
– Faut croire que t’as pas la conscience bien tranquille.
– Si, si ! Seulement…

– Faut pas trop se plaindre, allez ! Tu t’es pas si mal comporté. Ça aurait pu être pire. À part une dizaine de minutes passées sur ton smartphone pendant le cours de droit administratif et quelques bavardages avec ta voisine pendant celui de droit civil, je j’ai pas grand-chose à te reprocher. Il paraît même, d’après ce qu’on m’a rapporté, que tu t’es montré, durant toute la journée d’hier, particulièrement attentif. Tu y as tout intérêt d’ailleurs parce qu’au moindre faux pas, tu y auras droit. Une bonne correction. Ne te fais pas d’illusions là-dessus. J’ai promis à ta mère. Je tiendrai ma promesse.
Elle est allée se servir un café à la machine, est revenue s’asseoir.
– D’ailleurs, pour être tout à fait sincère avec toi, le jour où ça arrivera, et ça arrivera forcément, il y aura une invitée qui se délectera à coup sûr du spectacle.
J’ai levé sur elle un regard interrogateur.
– Une invitée ? Qui ça ?
– T’as pas une petite idée ?
– Non. Ah, si ! Si ! Peut-être. La fille à qui t’as demandé…
– De te surveiller. Voilà, oui. Toute peine mérite salaire, non, tu crois pas ? Et si elle a finalement accepté de me rendre ce petit service, c’est parce que je lui ai fait miroiter qu’en contrepartie elle te verrait, à la moindre incartade, recevoir, les fesses à l’air, une magistrale correction. Et je peux te dire qu’elle attend ça avec une impatience !
– Oui, mais alors…
– De quoi t’as peur ? Qu’elle aille inventer des trucs ? Histoire de t’en voir prendre une ? Je crois pas, non. Ça m’étonnerait d’elle. Encore que… j’en mettrais pas ma main au feu non plus. Même quand on est persuadé du contraire, on connaît jamais vraiment tout à fait les gens. Et on est surpris des fois. Si, c’est vrai, hein ! C’est comme Manu, le type que j’ai rencontré, là. Pour savoir ce qu’il a au juste dans la tête. Parce que dans la queue, ça, il y a pas photo. Il en demande et il en redemande. Ce qu’est pas pour me déplaire, loin de là. J’y trouve allègrement mon compte. Mais après ? Si ça tombe dans quinze jours, il aura complètement disparu de ma vie. C’est presque toujours comme ça que ça se passe avec les mecs. Une fois qu’ils ont ru ce qu’ils voulaient. À moins qu’il y ait un truc qui les retienne. Un truc qui sort de l’ordinaire. Et tu sais ce que je me dis ? C’est que ce qui serait absolument génial, c’est qu’il soit complètement accro à la fessée, celui-là. Qu’il adore ça, me voir t’en donner. Ou mieux encore qu’il aime en flanquer. De préférence aux mecs. C’est possible après tout, hein, pourquoi pas ? Et alors là ! Mais alors là !
Son portable a sonné.
– C’est lui ! Faut que j’y aille ! Mais oublie pas ! Il y a quelqu’un qui t’a à l’œil quelque part.
Oui, ben ça, il y avait pas de risque que je l’oublie !

Quand je suis rentré, madame Dubreuil était en grande conversation, dans la salle de séjour, avec une femme brune d’une cinquantaine d’années.
– Tiens, ben le voilà justement ! Viens voir là, Raphaël, s’il te plaît !
Je me suis avancé.
– Je te présente madame Lotti.
Qui m’a souri.
– Alors donc, c’est lui ! C’est ce grand garçon… Et vous dites que…
– Qu’il faut le punir, oui. Et sévèrement. C’est indispensable. Il y a pas moyen, sinon, d’en obtenir quoi que ce soit.
– Et vous entendez quoi, au juste, par sévèrement ?
– Il va vous montrer. Ça vaudra bien mieux que de longs discours. Allons, toi, fais voir à madame Lotti. Allez !
J’ai dégrafé ma ceinture. Sans me retourner : je n’allais pas me donner ce ridicule. J’ai déboutonné mon pantalon. Je l’ai laissé tomber sur mes chevilles. Et je me suis arrêté.
– Eh bien, allez ! Qu’est-ce que t’attends ? Oh là là, mais c’est pas possible, ça ! Elle en a vu d’autres, madame Lotti, tu sais !
Et elle m’a résolument descendu mon boxer.
Elle en avait peut-être vu d’autres, cette femme, oui, mais ça ne l’a pas empêchée de me jeter en bas un regard intéressé et quelque peu insistant.
Madame Dubreuil m’a fait pivoter sur moi-même et l’autre a émis, entre ses dents, un petit sifflement impressionné.
– Oh, oui, dites donc ! Oui !
Des doigts ont couru sur mes fesses, en ont redessiné les contours, s’y sont attardés. Des ongles les ont, par endroits, agacés.
– Ça, c’est de la punition, on peut pas à dire. Et il avait fait quoi, sans indiscrétion, pour mériter une telle correction ?
– Il s’est comporté d’une façon absolument inqualifiable avec une amie de ma fille. À qui j’ai demandé, du coup, d’exécuter elle-même la sentence. Que ça porte davantage. Que ça l’atteigne dans sa fierté de petit mâle.
– Et vous avez eu mille fois raison. La façon dont les garçons en usent avec les filles aujourd’hui est absolument scandaleuse et si on n’y met pas rapidement bon ordre…
Madame Dubreuil a soupiré.
– Il y a ça, bien sûr. Mais il y a aussi tout le reste.
– C’est comme le mien. Tout ce qu’il m’en fait voir, vous avez pas idée !
– Le laissez pas en prendre trop à son aise.
– Ben oui, mais c’est facile pour vous. Vous avez barre sur lui. À cause de ce que vous m’avez dit qu’il s’est passé cet été. Il a pas d’autre choix que de vous obéir. Tandis que le mien… Si je le menace d’une fessée, mais il va me rire au nez, vous le connaissez pas.
– Il y a un moyen.
– Comment ça ?
– Il a bien des copains ? Des copines ?
– Oh, là ! Des quantités !
– Eh bien, vous lui mettez le marché en mains. Ou bien il accepte de recevoir une fessée quand vous estimez qu’il l’a méritée ou bien, s’il s’y refuse, vous le menacez d’aller chanter sur tous les toits que vous lui en avez malgré tout flanqué une. Et une bonne. Et vous l’assurez que vous ne serez pas avare de détails. Croyez-moi, la perspective d’être la risée de tous ses copains, et surtout de ses copines, va le rendre extrêmement conciliant. Il préférera cent mille fois mieux s’en prendre une « en vrai » que de voir ses copains et copines persuadés qu’il se ramasse des fessées qu’il n’aura en réalité jamais reçues.
– Et s’il croit que c’est de l’esbroufe de ma part ? Que je ne le ferai pas ?
– À vous de vous montrer convaincante. Déterminée. Et il pliera. Au pire, si ce n’est pas le cas, j’interviendrai. Je serai la première personne à qui vous serez supposée avoir fait ce mensonge. Et vous pouvez être certaine que je ferai en sorte qu’il n’ait pas la moindre envie qu’il y en ait d’autres. Non, vous verrez. Je ne donne pas quinze jours avant que vous ne l’ayez rendu tout à fait docile. Comme l’est mon fils. Ou, comme vous pouvez le constater par vous-même, l’est son copain Raphaël. Bon, mais allez ! Tu peux te reculotter, toi ! Et tu nous laisses. On a encore à parler toutes les deux.

Amélie m’a stoppé dans mon élan.
– Tu vas où ?
On venait de débarrasser la table ensemble.
– Hein ? Tu vas où ?
– Ben, dans ma chambre.
– Ça te dirait pas un petit tour en boîte plutôt ?
– En boîte ? Si ! Oui, mais…
– Ma mère ? C’est pas un souci, ma mère, du moment que je suis avec toi, elle y voit pas le moindre inconvénient. Alors ? Ça te dit ou ça te dit pas ?
Si ça me disait !
– Eh ben alors ! Va te préparer ! Vite.

Elle m’a envoyé chercher une bouteille au bar.
A levé son verre.
– À la tienne !
M’a souri.
– T’y as repensé à ce qu’on a dit l’autre jour ?
J’y avais repensé, oui. Bien sûr que j’y avais repensé…
– Moi aussi ! J’en ai même parlé à ma mère. Qu’a trouvé que c’était pas mal du tout comme idée. Sauf qu’elle, elle pense qu’il faudrait qu’il se fasse progressivement le transfert d’elle à moi. « Que tu aies le temps de bien asseoir ton autorité dessus. Et puis c’est quelqu’un de difficile, Raphaël, qu’il faut recadrer en permanence. Ça nécessite une attention de tous les instants. Si tu le prends en mains, ce ne pourra être qu’à temps plein. Pas question de te relâcher, ne fût-ce qu’un seul instant. » Mais ça, là-dessus, elle n’a rien à craindre. Si je m’occupe de toi, je m’en occuperai vraiment. Parce que je t’aime bien, moi aussi, même si c’est pas de la même façon que toi pour moi. Je le crois du moins. Bon, mais allez, tu me fais danser ?

Sur la piste, elle m’a posé les mains sur les fesses. Et elle a constaté.
– Même à travers le tissu on sent qu’elles sont chaudes. Faut dire aussi que ça date encore que d’hier…
Elle a jeté un long regard circulaire sur les couples autour de nous.
– C’est trop marrant de se dire que personne se doute. Que personne n’irait imaginer un truc pareil. Non, tu trouves pas ? D’ailleurs je me demande… Je me demande comment ils réagiraient, les gens, s’ils savaient dans quel état il est, ton cul, si on leur disait. Pas toi ? Les deux, là, par exemple. Qui vont pas du tout ensemble d’ailleurs, soit dit en passant. Hein ? À ton avis ?
– Je sais pas.
– On fait le test ?
Elle a éclaté de rire.
– Oh, ta tête ! Non, mais ta tête !
M’a remmené me rasseoir.
– Tu me ressers à boire ? Ça arrivera, hein, n’empêche ! Te fais pas d’illusions. Ça arrivera que je le dise à des gens que je t’ai fessé. Des gens qu’on connaît ou même qu’on connaît pas. Ça fera partie de ta punition. Dans ton intérêt. Parce que t’auras poussé le bouchon vraiment trop loin. Ou parce que t’arrêteras pas de recommettre encore et encore les mêmes erreurs. Ça arrivera, oui. Et il y aura même des fois où ce sera toi qui devras le dire. Ou le montrer. Pour que ça te vexe bien à fond. Il y a que comme ça que c’est vraiment efficace, une fessée. Si, c’est vrai, hein !
Elle a reposé son verre, froncé les sourcils.
– Attends ! Je crois bien qu’il y a quelqu’un que je connais là-bas. Mais oui ! C’est Hadrien. Bouge pas ! Je reviens.
Elle a foncé droit sur lui. Ils se sont fait la bise, ont échangé quelques mots et puis il l’a, presque aussitôt, entraînée sur la piste. Ils ont ri, très complices. Elle s’est pressée contre lui. Elle a mis sa tête dans son cou. Il lui a caressé les cheveux, le bas du dos. Elle lui a tendu ses lèvres. Pour un long baiser langoureux.
Ils ont fendu la foule des danseurs et ils ont disparu par une petite porte à droite.

Elle est revenue. Toute seule et tout sourire. Elle s’est rassise, étirée.
– Ah, comment ça fait du bien, une bonne baise ! Surtout qu’Hadrien, c’est le genre de mec – et il y en a pas beaucoup –, rien qu’à le voir, ça te donne tout de suite envie. Et comme, en plus, il sait s’y prendre. Ah, pour ça, il est toujours très efficace, on peut pas dire. Il sait faire exactement ce qu’il faut au moment où il faut. Avec lui Une fille, elle est sûre de prendre son pied.
Elle s’est encore étirée, a bâillé.
– Bon, allez, tu finis ton verre. On y va.

Elle n’a pas démarré tout de suite.
– T’es content de toi ?
J’ai levé les yeux sur elle, interloqué.
– Hein ? Mais…
– Tu te rends compte de ce que t’as fait ? Hein ? Tu te rends compte ? Non. Apparemment, non. Vu l’air abruti que tu prends. Bon, alors je vais te rafraîchir la mémoire. C’était dû à quoi, ton comportement, cet été, avec Philibert quand vous avez cambriolé la villa de madame Lançon ?
– On avait un peu bu.
– Un peu ? Vous étiez complètement bourrés, oui, tu veux dire ! Et dans quel état elle t’a trouvé, ma mère, quand elle est allée te chercher chez ton ancien colocataire ? Hein ? Dans quel état ? T’étais raide comme un passe-lacets. Et qu’est-ce qu’elle t’avait dit ? Eh bien, réponds !
– Que je devais plus toucher à l’alcool.
– Plus la moindre goutte, oui ! Et t’as passé la soirée à picoler. Tu vas quand même pas avoir le culot de prétendre le contraire. J’étais là. Je t’ai vu.
– Mais c’est toi qui…
– C’est moi qui quoi ? Non, mais alors celle-là, c’est la meilleure ! Ça va être de ma faute. C’est moi qui te l’ai mis dans le gosier ? Qui t’ai forcé à avaler ? Tu es assez grand pour savoir ce que t’as à faire. Pour prendre tes responsabilités. En principe. Parce que la preuve que non. Faut encore, une fois de plus, être derrière toi. Bon, mais tu sais ce qui t’attend, je suppose ?
Et elle a démarré en trombe. A parcouru une dizaine de kilomètres sur les chapeaux de roues. S’est brusquement arrêtée à l’entrée d’un chemin creux désert.
– Descends ! Descends et déshabille-toi !
Elle a voulu que ce soit dans la lumière des phares.
– Tout ! T’enlèves tout.
Elle m’a regardé faire.
– Là ! Ta ceinture ! Maintenant tu me donnes ta ceinture.
Et il a fallu que j’aille m’agenouiller dans l’herbe à côté de la voiture, que je me penche à l’équerre sur le siège passager.
Elle m’a fait courir la ceinture, en longue caresse sinueuse, tout au long du dos depuis la nuque jusqu’au bas de la raie des fesses.
– Tu frissonnes. T’as froid ?
Dans un grand éclat de rire.
– Une chose est sûre en tout cas. Ça va pas être une partie de plaisir pour toi. Parce que par-dessus l’autre qu’est encore toute neuve… Mais bon ! Quand on a mérité, on a mérité, hein !
Il y a eu du silence. Qui a duré un temps qui m’a paru interminable.
Et puis ça a cinglé. Un coup à toute volée. Qui m’a arraché un hurlement à fendre l’âme.
– Oh, je t’ai à peine touché…
Une douzaine d’autres. Très rapprochés. Toujours au même endroit. Latéralement. Sur les deux fesses simultanément. Ça brûlait. Ça mordait. C’était insupportable. J’ai enfoncé mes ongles, de toutes mes forces, dans le cuir du siège et j’ai hurlé. J’ai hurlé tout ce que je savais.
Ça s’est arrêté.
– Allez, monte ! On rentre.
Elle a jeté mes vêtements et ma ceinture dans le coffre.
– Pas la peine que tu les remettes. Pour te redéshabiller aussitôt après…

Elle a rentré la voiture dans la cour.
– Viens !
Dans la cuisine.
– Fais-toi voir ! Maintenant qu’on est en pleine lumière. Que je contemple mon œuvre. Ah, oui, dis donc, oui ! Mais c’est que c’est pas mal du tout. Surtout pour une première fois. Je suis fière de moi. Bon, mais faut fêter ça !
Elle a sorti une bouteille de champagne du frigo, des coupes du buffet.
– Allez ! Tu la débouches. Et tu nous sers.


Pour les distraits qui auraient loupé ce qui s'est passé précédemment

Tout a commencé comme ça : chapitre 1
Et la semaine dernière, le chapitre 10
Et aussi la suite : chapitre 12
Et tous les autres chapitres sur la page "les auteurs invités"

Et la suite ?

Ce sera la semaine prochaine, comme d'habitude.

Les commentaires sont les bienvenus

François Fabien doit-il continuer dans cette direction ? Doit-il écrire un prochain épisode ?

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